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La petite histoire du savon

savon savon1 http://www.bulledebain.fr/56-savons-a-la-coupe

Un millénaire avant notre ère, les Phéniciens exportent le savon et le fabriquent à partir d’huile d’olive et de soude végétale. Ce savon était particulièrement réputé pour ses propriétés supposées désinfectantes, dues principalement à l’usage de cendres de laurier dans sa fabrication.

Les Egyptiens se frottaient avec du natron du carbonate de soude hydraté naturel extrait des lacs salés après évaporation. Les Germains et les Celtes utilisaient de la graisse de chèvre et des cendres de bouleau pour fabriquer leur savon.

Substance lavante et nettoyante connue en Europe occidentale depuis l’époque gauloise il est fabriqué en quantité à partir de cendres alcalines ou potassiques (cendres de hêtre, de l’herbe à savon), de suif, de saindoux de sanglier ou d’huiles excédentaires non comestibles. Il sert surtout, appliqué comme onguent sur les chevelures

Gallipoli,  ville portuaire sur la mer ionienne dans le sud de l’Italie, a probablement été l’origine du savon de Marseille.

A la Renaissance et durant trois siècles, le savon cède la place au parfum qui était censé protéger des maladies contagieuses comme la peste. L’eau des bains devait être transportée par seaux et chauffée, ce qui rendait le nettoyage peu aisé. C’est pourquoi l’on se contentait d’un ou deux bains par an.

Au IXe siècle de notre ère, Marseille saponifie déjà son huile d’ »olive et produit de façon saisonnière son savon. Au XVe siècle,  la région phocéenne semble un centre de production limité à la ressource locale. La soude marine qui désigne un carbonate de sodium impur provient des cendres obtenues par la combustion de plantes comme la salicorne (les cendres contiennent divers carbonates de sodium, calcium et potassium dans diverses proportions selon l’espèce).

La première grande fabrique française de savons fut fondée à Toulon vers 1430, un certain Palmier, industriel de Grasse, étant appelé par les syndics de l’époque à installer sa manufacture au nord de la place du Portalet (aujourd’hui la place Gambetta)..

Au XVIIème, la consommation de savon est en augmentation car son usage tend à se généraliser, pour le lavage du linge notamment. Fin XVIIème, Marseille exporte à travers le monde. Le premier édit réglementant la profession date de 1688 et interdit entre autres d’utiliser un autre corps gras que l’huile d’olive.Au XVIIIème, on trouve deux sortes de savons pour des usages différents :

  1. le savon blanc pour les soyeux, bonnetiers, filateurs, teinturiers, blanchisseurs et parfumeurs
  2. .2. le savon marbré pour le dégraissage des laines, les ménages et les colonies. La fabrication est alors la principale ressource de Marseille.

Au XIXe siècle, des huiles de coprah et de palme  importées à moindre coût d’outre-mer servent à la fabrication des savons. Le savon devient un produit de consommation courante, apparaît dans les maisons bourgeoises et complète la panoplie des femmes de ménage, s’activant en semaine dans les nombreux et récents lavoirs communaux. Sans rival avant 1907, il sert au blanchissage du linge, au dégraissage de draps et des laines

Au XXème siècle, l’usage du savon est passé dans les mœurs bien que certaines études sur l’hygiène laissent à penser le contraire. Les savonneries fusionnent avec les huileries pour créer de nouveaux débouchés. François Merklen publie l’explication physico-chimique du savon et de nouvelles techniques voient le jour. Sur le savon de Marseille authentique est gravée une fière annotation : EXTRA PUR 72% D’ACIDE GRAS.

A la fin du XXème siècle, et malgré l’usage intensif des poudres à laver, des gels de bain moussants et autres savons liquides, on sent renaître l’intérêt du public pour la bonne vieille savonnette, aidé en cela, il est vrai, par la volonté accrue du consommateur d’utiliser des produits sains et naturels et par l’imagination des savonniers qui sortent des sentiers battus pour proposer des savons moulés de formes différentes (animaux, objets, personnages) et des senteurs inédites qui suivent la tendance du moment comme le thé vert, la figue, le bambou… Il suffit de voir le nombre de boutiques dévolues entièrement à l’hygiène du corps qui fleurissent dans l’Hexagone. Cet engouement est identique aux U.S.A. et en Angleterre où de nombreux particuliers se découvrent une vraie passion de savonnier.

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